Dans de nombreuses maisons, les remontées capillaires restent longtemps invisibles, jusqu’au jour où les premiers signes deviennent trop évidents pour être ignorés : bas de murs sombres, odeur d’humidité, confort qui diminue malgré le chauffage. Ce phénomène n’a rien d’anecdotique. Il touche aussi bien les bâtis anciens en pierre que certaines constructions plus récentes lorsque l’eau stagne autour des fondations. Comprendre comment l’humidité remonte dans les murs, puis choisir une solution réellement efficace, permet de protéger durablement votre logement, votre santé et la valeur de votre patrimoine.
Vous souhaitez améliorer votre habitat ? Voici l’essentiel à retenir :
✅ Identifier clairement l’origine de l’humidité (remontées, condensation, infiltration) évite des travaux coûteux et inutiles.
✅ Traiter la cause en profondeur (barrière anti-remontée, drainage, matériaux respirants) est la seule façon d’obtenir des murs vraiment assainis.
✅ Laisser au mur la capacité de sécher grâce à des enduits ouverts à la vapeur d’eau et à une bonne ventilation intérieure est indispensable pour la tenue des finitions.
✅ Éviter les “rustines cosmétiques” (peintures bloquantes, enduits trop étanches) permet d’économiser du temps, de l’argent et des déceptions. 💡
Remontées capillaires : reconnaître les signes sur vos murs humides
Les remontées capillaires correspondent à un mouvement d’eau ascendant depuis le sol vers la maçonnerie. Le mur fonctionne alors comme une éponge : l’eau s’infiltre par les pores des matériaux (brique, pierre, parpaing, plâtre), progresse lentement vers le haut et dépose des sels minéraux au passage. Ces sels fragilisent les revêtements, entraînent des cloques, des auréoles et un effritement des enduits.
Un premier indice fiable est la localisation des dégâts. Lorsque l’humidité se concentre principalement au bas des parois, dans une bande irrégulière qui peut monter jusqu’à 1 mètre ou un peu plus, l’hypothèse des remontées capillaires devient forte. Ces traces forment rarement une ligne droite : elles dessinent plutôt des “vagues”, avec des zones plus marquées que d’autres. À l’inverse, une infiltration de toiture se manifeste plus haut, parfois autour d’une fissure, d’une fenêtre ou d’une gouttière défaillante.
Les signaux visuels sont nombreux. On observe fréquemment :
- 🌊 Des auréoles sombres en pied de mur, à l’intérieur comme en façade.
- 🎨 Une peinture qui cloque ou se boursoufle, surtout sur les 30 à 80 cm du bas.
- 📜 Un papier peint qui se décolle, gondole ou jaunit anormalement.
- 🧂 Des dépôts blanchâtres (salpêtre) qui apparaissent sur l’enduit ou la maçonnerie nue.
- 🧱 Des enduits qui sonnent creux ou s’effritent sous la main.
À ces signes s’ajoutent des sensations bien particulières. Les pièces concernées paraissent plus froides, avec des parois qui restent fraîches même lorsque le chauffage fonctionne. L’odeur de renfermé, tenace au rez-de-chaussée, dans un couloir ou une cage d’escalier, est également un signal d’alerte. Ce ressenti est souvent plus marqué dans les périodes humides, après de fortes pluies ou à la fin de l’hiver.
Dans beaucoup de rénovations récentes, les problèmes ont été dissimulés derrière des doublages en plaques de plâtre ou des revêtements vinyles très étanches. Sur le moment, le mur semble “propre” mais, quelques mois plus tard, le bas des cloisons se tache, les plinthes gonflent, et le placo noircit. Pour comprendre comment réagir dans ces cas, un éclairage précis sur la gestion du placo exposé à l’humidité ou aux moisissures aide à décider entre réparation locale et remplacement complet.
Les remontées capillaires laissent aussi une signature chimique : le salpêtre. Ce voile poudreux blanc est la trace visible des sels minéraux transportés par l’eau. Il attire fortement l’humidité de l’air, accentuant la sensation de paroi froide. Le retirer sans précaution ne suffit pas ; il faut surtout traiter la cause et utiliser les bons gestes de nettoyage pour ne pas fragiliser davantage le support. Des conseils ciblés pour éliminer le salpêtre sur les murs constituent alors un complément utile à un diagnostic sérieux.
Les erreurs d’interprétation sont fréquentes. Il est fréquent de confondre remontées capillaires et condensation. La condensation se manifeste plutôt sur les zones froides en hauteur : angles de plafond, pourtour de fenêtres, derrière des meubles collés au mur, sous une salle de bain mal ventilée. On y retrouve des gouttelettes, des moisissures diffuses, parfois noires ou vertes, mais pas forcément les fameux dépôts blancs typiques des sels.
En pratique, lorsque plusieurs indices se cumulent – traces irrégulières en bas de mur, salpêtre, cloques de peinture et odeur persistante – il devient indispensable de vérifier la structure du bâtiment et le comportement de l’eau autour de la maison. C’est ce qui ouvre la porte à une démarche cohérente : plutôt que de repeindre tous les ans, l’objectif est de stopper l’humidité à la source pour retrouver des murs stables et respirants. 🎯

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Causes des remontées capillaires : comprendre l’humidité qui remonte du sol
Les remontées capillaires apparaissent lorsque plusieurs paramètres convergent : un sol humide, une absence de coupure de capillarité, des matériaux poreux et des conditions qui empêchent l’eau de s’évacuer correctement. Comprendre cette mécanique permet de choisir un traitement adapté, mais aussi d’éviter de reproduire les mêmes erreurs lors de futurs travaux extérieurs ou de rénovation intérieure.
Dans beaucoup de maisons anciennes, aucun dispositif de coupure n’avait été prévu à la base des murs. Les fondations reposent directement dans la terre ou sur un soubassement partiellement enterré. Le mur, en pierre, brique ou moellons, est naturellement ouvert à l’humidité : il absorbe, puis laisse l’eau circuler par des micro-capillaires. Tant que l’édifice dispose de nombreuses possibilités d’évaporation (enduits à la chaux, maçonnerie ventilée, sols en terre battue), un équilibre se maintient. Les problèmes surviennent lorsque cet équilibre est rompu.
Un cas typique illustre bien cette évolution. Une petite maison de bourg des années 1900, initialement dotée d’un sol en carreaux de ciment et d’un enduit à la chaux, vit sans souci majeur pendant des décennies. À l’occasion d’une rénovation, un carrelage moderne est collé sur une chape ciment étanche, les murs sont repris au plâtre et recouverts d’une peinture acrylique fermée. Quelques années plus tard, les bas de murs noircissent, la peinture se décolle, alors qu’aucune fuite n’est visible. La raison est simple : l’humidité contenue dans le sol se retrouve enfermée. Ne pouvant plus s’échapper vers le sol, elle migre davantage dans les murs.
Les abords extérieurs jouent un rôle crucial. Une terrasse béton coulée contre la maison, un trottoir bitumé ou des pavés scellés au mortier contre la façade créent souvent une “cuvette” autour du bâti. L’eau de pluie s’infiltre, stagne près des fondations et augmente la pression d’humidité exercée sur le bas des murs. Sans drainage ni barrière verticale efficace, la maçonnerie absorbe comme une mèche trempée dans l’eau.
Le tableau suivant résume les principaux facteurs qui aggravent les remontées capillaires dans une habitation :
| Facteur aggravant 💧 | Conséquence sur les murs 🧱 | Geste préventif clé ✅ |
|---|---|---|
| Terrasse ou trottoir béton collé à la façade | Stagnation d’eau au pied du mur, humidité persistante | Prévoir pente d’évacuation, drain ou bande de désolidarisation |
| Sol extérieur au même niveau que le plancher intérieur | Capillarité facilitée, murs bas constamment humides | Abaisser le niveau extérieur ou créer un caniveau drainant |
| Enduits ciment étanches sur mur ancien | Blocage de l’évaporation, cloques, fissures, salpêtre | Remplacer par un enduit respirant adapté au support |
| Revêtements intérieurs plastifiés (peinture, vinyle) | Humidité piégée, décollements et moisissures cachées | Privilégier des finitions ouvertes à la vapeur d’eau |
| Absence de drainage sur terrain humide | Fondations longtemps au contact de l’eau | Mettre en place un drainage adapté au site |
Autre aspect souvent sous-estimé : la composition minérale du sol. Certains terrains riches en sels dissous (sulfates, nitrates, chlorures) favorisent non seulement la montée de l’eau mais aussi la formation de salpêtre lorsqu’elle s’évapore. Ces sels exercent une pression interne sur les pores des enduits et des maçonneries. Ils se dilatent, cristallisent, puis se rétractent au gré des variations d’humidité, ce qui finit par faire éclater les revêtements les plus rigides.
Les épisodes de forte chaleur peuvent paradoxalement accentuer le phénomène. Lorsque la façade est exposée plein sud, le rayonnement solaire augmente l’évaporation en surface. Le mur “aspire” alors davantage d’eau par capillarité pour compenser, un peu comme une mèche de bougie qui attire la cire fondue vers la flamme. On observe alors des marques plus nettes, voire une progression de la hauteur atteinte par l’humidité.
Enfin, les matériaux eux-mêmes influencent directement l’ampleur des remontées capillaires. Les pierres calcaires tendres, les briques anciennes ou les mortiers de chaux très poreux laissent l’eau circuler plus facilement que certains parpaings modernes plus denses. Cependant, leur capacité à sécher est aussi meilleure, à condition de ne pas les recouvrir de couches étanches successives. C’est là que le choix des traitements devient déterminant : il doit respecter la nature du bâti tout en coupant le lien direct avec le sol. 🧩
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Solutions contre les remontées capillaires : traitements pour assainir durablement vos murs
Traiter sérieusement les remontées capillaires consiste à agir à la racine, puis à laisser au mur le temps de retrouver son équilibre. Les solutions disponibles ne se valent pas toutes, et certaines ne sont pertinentes qu’en complément d’autres dispositifs. L’objectif reste toujours le même : limiter l’eau au niveau des fondations, créer une barrière contre son ascension, puis permettre l’évacuation naturelle de l’humidité résiduelle.
La méthode d’injection d’hydrofuge fait partie des techniques les plus répandues. Elle consiste à percer une ligne de trous régulièrement espacés à la base du mur, généralement à une trentaine de centimètres du sol fini. Un produit (résine, gel, crème) est ensuite injecté dans ces perçages. Il diffuse dans le réseau capillaire de la maçonnerie et forme, après polymérisation, une barrière étanche qui bloque la remontée d’eau.
Pour être efficace, cette intervention doit répondre à plusieurs critères : la hauteur d’injection doit être cohérente avec le niveau du sol extérieur, l’alignement des trous régulier, la profondeur adaptée à l’épaisseur du mur et au type de matériau. Sur des murs anciens en moellons ou pierre, un diagnostic préalable est essentiel pour déterminer la bonne stratégie de percement et choisir le produit compatible.
Les avantages de l’injection sont clairs :
- 🔧 Intervention possible depuis l’intérieur lorsque l’accès extérieur est compliqué.
- ⏱️ Chantier relativement rapide par rapport à une reprise complète des fondations.
- 🏠Adaptation à différents types de maçonneries (brique, parpaing, pierre, etc.).
- ♻️ Possibilité de conserver une grande partie des finitions existantes si elles restent saines.
Dans certains contextes, cependant, cette technique ne suffit pas à elle seule. Lorsque le terrain est particulièrement humide, qu’une nappe phréatique affleure ou que le pied du mur baigne littéralement dans l’eau, il devient nécessaire de réduire la quantité d’eau présente autour de la maison. C’est précisément le rôle du drainage périphérique.
Le drainage consiste à creuser une tranchée le long des façades, sous le niveau du sol fini, pour y placer un drain (tuyau perforé) enveloppé dans un géotextile et recouvert de gravier. Ce système collecte l’eau qui arrive au contact des fondations et la redirige vers un exutoire (puits, réseau pluvial, fossé). Il limite ainsi la pression hydrostatique sur les murs. Cette solution est particulièrement pertinente pour les maisons non mitoyennes, sur terrains en pente ou dans des zones à sol naturellement détrempé.
Il existe également des systèmes dits d’électro-osmose ou de centrales d’assèchement. Ces dispositifs reposent sur l’installation d’électrodes et d’un boîtier qui inverse le flux des molécules d’eau en jouant sur les potentiels électriques. Ils peuvent être utiles dans certains cas très spécifiques, notamment lorsque les interventions lourdes sur la maçonnerie ou le terrain sont difficilement envisageables. Leur mise en œuvre demande un dimensionnement rigoureux et un suivi dans le temps, car leur efficacité dépend du maintien du système en fonctionnement.
Pour vous aider à comparer ces différentes approches, il est utile de poser quelques questions simples :
- 🏡 La maison est-elle mitoyenne ou isolée sur son terrain ?
- 🌧️ Le sol alentour est-il souvent gorgé d’eau après la pluie ?
- 🧱 Les murs sont-ils accessibles de l’extérieur sur toute leur hauteur ?
- 📏 L’épaisseur de la maçonnerie est-elle importante (murs en pierre massive, par exemple) ?
- 🧪 Des sels minéraux (salpêtre) sont-ils déjà très présents en surface ?
En fonction des réponses, la combinaison suivante se révèle fréquemment pertinente :
🔹 Cas classique : maison avec murs accessibles, humidité visible en pied de mur – mise en place d’une barrière par injection + reprise des enduits avec un matériau respirant + gestion rigoureuse des sels.
🔹 Cas de terrain très humide : maison entourée de terres gorgées d’eau ou d’une cour imperméable – drainage périphérique (si possible) + protection des soubassements + éventuelle injection pour sécuriser la coupure de capillarité.
🔹 Bâti ancien de caractère : murs épais en pierre, contraintes patrimoniales – diagnostic approfondi, solutions mixtes (injection adaptée, parfois électro-osmose), finitions à la chaux et surveillance régulière de l’assèchement.
Dans tous les cas, une vigilance s’impose face aux promesses de “peintures miracles” censées régler le problème à elles seules. Les revêtements dits “anti-humidité” appliqués sans traitement de fond se comportent comme un couvercle : ils dissimulent un temps les symptômes, puis concentrent l’eau dans le mur, accélérant la dégradation interne. Une approche durable exige toujours de couper la remontée à la base, avant de penser aux finitions. ✅
Rénover l’intérieur après remontées capillaires : enduits respirants, plâtre et finitions adaptées
Une fois la remontée capillaire stoppée, le travail n’est pas terminé. Le mur contient encore de l’eau et des sels qui doivent être gérés avec soin. Rénover trop vite, ou avec des matériaux inadaptés, revient à fragiliser tout le travail réalisé. Il est donc essentiel de penser la remise en état intérieure comme une seconde étape, complémentaire mais distincte du traitement de base.
Le premier geste consiste souvent à retirer les parties d’enduit abîmées : zones qui sonnent creux, se décollent ou s’effritent au toucher. Cette dépose doit se faire sans brutalité, pour ne pas endommager la maçonnerie. Une fois le support mis à nu, les sels visibles (salpêtre) sont brossés et aspirés, puis un traitement spécifique peut être appliqué pour limiter leur réapparition.
La question du choix de l’enduit est alors centrale. Sur un mur ancien, un mortier de ciment très riche et très serré constitue généralement une mauvaise option. Trop étanche, il bloque l’évaporation et finit par se fissurer ou se décoller sous l’action des sels. À l’inverse, un enduit à la chaux ou un mortier de rénovation dit “assainissant” est conçu pour laisser circuler la vapeur d’eau. Il favorise le séchage progressif de la paroi tout en offrant une surface saine pour les futurs revêtements.
Les cloisons et doublages en plâtre demandent une attention particulière. Le plâtre est un matériau très poreux, capable d’absorber rapidement l’eau, mais il se dégrade aussi vite lorsqu’il reste humide. Dans le cas de murs enduits directement au plâtre, la remontée capillaire peut provoquer un effritement important, voire un décollement complet par plaques. Un éclairage complémentaire sur la gestion des remontées capillaires sur les supports en plâtre permet de décider si une reprise partielle suffit ou si un remplacement global s’impose.
Un scénario concret illustre l’enjeu. Dans un salon des années 1950, les bas de murs sont noircis, l’enduit cloque sur 60 cm et le papier peint se détache. Après traitement par injection, les occupants souhaitent refaire au plus vite la décoration. S’ils posent immédiatement un nouveau papier peint vinyle, très fermé à la vapeur d’eau, ils transforment le mur en piège à humidité. Quelques mois plus tard, les mêmes désordres réapparaîtront. La démarche la plus sûre consiste à :
- 🧹 Déposer les enduits et revêtements dégradés jusqu’à une hauteur suffisante (souvent 1 m à 1,20 m).
- 🧪 Nettoyer et traiter les sels présents, en respectant la nature du support.
- 🌬️ Laisser le mur sécher, avec une ventilation renforcée et un chauffage modéré si besoin.
- 🧱 Appliquer un enduit respirant compatible avec le mur (chaux, mortier de rénovation adapté).
- 🎨 Recouvrir par une finition perméable à la vapeur d’eau (peinture minérale, acrylique microporeuse de qualité, par exemple).
Le temps de séchage ne doit pas être sous-estimé. Plus le mur est épais et plus il a accumulé d’eau, plus la phase de retour à l’équilibre sera longue. C’est le moment où l’accompagnement par un professionnel prend tout son sens : la mesure régulière de l’humidité résiduelle permet de déterminer le bon moment pour poser les finitions, sans risquer de tout recommencer.
Les pièces très sensibles, comme les chambres d’enfants ou les salons peu ventilés, méritent une attention renforcée. Il est souvent judicieux d’améliorer la ventilation (entrée d’air, VMC, habitudes d’aération) en parallèle de la remise en état des murs. Un air intérieur fréquemment renouvelé aide le mur à sécher et limite la condensation, ce qui évite de confondre, à l’avenir, nouveaux désordres et problème initial d’humidité ascendante.
Lorsque l’occasion se présente, relier ce chantier d’assainissement à un projet d’isolation peut être intéressant, notamment en envisageant une isolation par l’extérieur. Ce type de solution, à étudier avec soin, protège la maçonnerie des variations de température et réduit les ponts thermiques. Il reste toutefois indispensable de traiter d’abord les remontées capillaires. Pour mieux cerner les enjeux et les bénéfices, un dossier détaillé sur l’isolation thermique par l’extérieur propose un panorama complet des options possibles.
Pour les finitions décoratives, une règle simple guide les choix : privilégier ce qui laisse passer la vapeur d’eau. Les peintures minérales, les badigeons ou les enduits fins à la chaux répondent souvent très bien à cette logique. Les revêtements vinyles, papiers intissés très plastifiés ou lambris posés sans lame d’air doivent, eux, être choisis avec prudence, en tenant compte de l’historique d’humidité du mur. C’est ce souci de cohérence entre cause, traitement et finition qui garantit la stabilité des travaux dans le temps. 🎨
Diagnostic, prévention et bonnes pratiques pour éviter le retour des remontées capillaires
Avant tout chantier, un diagnostic sérieux permet de distinguer remontées capillaires, condensation et infiltrations ponctuelles. Cette étape n’est pas un luxe : elle conditionne le choix des travaux et leur efficacité. Un professionnel aguerri commence par observer la répartition des traces, contrôler la nature des matériaux, mesurer l’humidité à différents niveaux et analyser les abords de la maison (pente du terrain, évacuation des eaux pluviales, type de sols extérieurs).
Le diagnostic doit également tenir compte de l’historique du bâtiment. Une rénovation récente, avec remplacement des fenêtres par des menuiseries très étanches, pose de sols PVC ou de carrelages sur chape imperméable, peut avoir modifié en profondeur l’équilibre hygrothermique de la maison. Un logement autrefois ventilé naturellement devient alors beaucoup moins perméant, ce qui favoriserait la condensation… mais aussi la concentration des remontées capillaires au niveau des murs.
Pour préparer l’intervention d’un spécialiste, il est pertinent de dresser une petite “carte d’identité” de votre habitation :
- 📍 Où les traces apparaissent-elles exactement (pied de mur, angle, plafond) ?
- 🕒 Depuis quand les signes sont-ils présents, et ont-ils évolué récemment ?
- 🌦️ Sont-ils plus marqués après certaines saisons (hiver pluvieux, été très chaud) ?
- 🧱 Quel est le type de mur (pierre, brique, parpaing, cloison plâtre) ?
- 🔧 Quels travaux ont été réalisés ces dernières années (terrasse, fenêtres, ravalement) ?
Cette préparation permet d’orienter plus rapidement le diagnostic et d’éviter les solutions “catalogue” qui ignorent les spécificités de votre logement. Elle aide également à comparer les devis en comprenant mieux les différences de méthodologie ou de produits.
La prévention, ensuite, se joue autant dehors que dedans. À l’extérieur, quelques gestes simples et réguliers font une grande différence :
- 🌧️ Contrôler chaque année les gouttières et descentes d’eau pluviale pour repérer fuites et débordements.
- 🪣 Vérifier que l’eau est bien rejetée loin des murs (au besoin, rallonger les sorties de descente).
- 🪴 Éviter les plantations très gourmandes en eau directement contre la façade.
- 📉 Surveiller le niveau des sols extérieurs : un aménagement ou un remblai peut, au fil du temps, remonter le terrain au-dessus du seuil voulu.
- 🧱 Adapter les travaux de ravalement et de protection de façade pour respecter la capacité de respiration du mur.
À l’intérieur, une bonne ventilation reste l’alliée incontournable d’un mur sain. Aérer tous les jours, même quelques minutes en hiver, permet d’évacuer l’humidité produite par la cuisine, les douches et la respiration. Dans certains cas, renforcer ou moderniser la ventilation mécanique (VMC simple ou double flux) s’avère une décision très rentable, en particulier dans les logements bien isolés où l’air se renouvelle moins spontanément.
La santé des occupants ne doit pas être négligée. Un environnement humide favorise le développement de moisissures et de champignons plus ou moins visibles. Ces organismes libèrent des spores qui peuvent aggraver l’asthme, les allergies, ou provoquer des irritations chez les personnes sensibles. Dans les cas extrêmes, des champignons lignivores comme la mérule s’attaquent aux structures en bois (planchers, charpentes). Apprendre à repérer les premiers signes de ces désordres et à agir rapidement fait partie intégrante d’une gestion responsable de son habitat.
Enfin, la meilleure manière d’éviter le retour des remontées capillaires est de conserver une vision d’ensemble. Chaque intervention (nouveau sol, isolation, ravalement, terrasse) devrait être pensée en lien avec le comportement de l’eau autour de la maison. L’humidité n’est pas un ennemi à “bannir” totalement, mais une donnée à maîtriser avec bon sens. Un mur sain, c’est un mur qui ne baigne pas dans l’eau et qui peut, en même temps, respirer et sécher naturellement au fil des saisons. 🌿
Comment distinguer remontées capillaires et simple condensation sur un mur ?
Les remontées capillaires se manifestent surtout au bas des murs, avec des auréoles en forme de vagues, des enduits qui s’effritent près du sol et parfois du salpêtre (dépôts blanchâtres). La condensation touche plutôt les zones froides en hauteur (angles de pièces, pourtour de fenêtres, plafonds), avec gouttelettes et moisissures superficielles. Quand le doute persiste, un diagnostic avec mesures d’humidité à différents niveaux du mur permet de trancher clairement.
Quel délai prévoir entre un traitement des remontées capillaires et la remise en peinture ?
Le temps de séchage dépend de l’épaisseur du mur, de sa nature (pierre, brique, parpaing) et du niveau d’humidité initial. Il faut souvent compter plusieurs mois pour que la maçonnerie retrouve un équilibre satisfaisant. Poser trop tôt une peinture fermée ou un revêtement vinyle est l’une des causes principales de réapparition des cloques. Un professionnel peut suivre l’évolution de l’humidité dans le mur et indiquer le moment opportun pour les finitions.
Le drainage extérieur suffit-il à supprimer les remontées capillaires ?
Le drainage réduit l’eau au contact des fondations et améliore nettement la situation, surtout sur terrain humide. En revanche, il ne remplace pas toujours une véritable coupure de capillarité dans les murs. Dans beaucoup de maisons, la combinaison drainage (lorsqu’il est possible) + traitement par injection ou barrière équivalente + finitions respirantes constitue la stratégie la plus durable.
Les peintures dites anti-humidité sont-elles une bonne solution sur des murs humides ?
Ces produits peuvent être utiles ponctuellement pour des problèmes de condensation ou des zones très localisées, mais ils ne traitent pas la cause d’une remontée capillaire. Appliqués sur un mur où l’eau remonte par le sol, ils bloquent l’évaporation et concentrent l’humidité dans la maçonnerie, ce qui accélère souvent la dégradation interne. La priorité reste toujours de stopper la remontée à la base puis de choisir des finitions perméables à la vapeur d’eau.
Faut-il forcément tout casser pour traiter les remontées capillaires dans une maison ancienne ?
Non, pas nécessairement. Dans beaucoup de cas, l’intervention se concentre sur la base des murs (injection, reprise d’enduits, éventuellement drainage extérieur). Toutefois, lorsqu’un doublage en plâtre, un carrelage ou un revêtement intérieur est déjà très dégradé, le déposer permet d’assainir plus profondément et d’éviter que des matériaux fragilisés ne continuent à retenir l’humidité. Le niveau de dépose se décide au cas par cas, en fonction de l’état réel du bâti.

